Là où les eaux se mêlent, une 15e Biennale tambour battant

Que peuvent bien avoir en commun Promethée et un tunnelier ? Qu’est-ce qui relie une machine à laver toute pimpée et un lac de savon figé dans son expansion ? Pour fêter dignement ses 30 ans, la Biennale d’art contemporain de Lyon célèbre la confluence des idées avec Là où les eaux se mêlent. Un nouveau cru et de nouveaux quartiers. A l’occasion de cette édition, les artistes ont effet pris possession des anciennes Usines Fagor. Et de tout un passé.

Vue d'ensemble de la Biennale

Marquant de son empreinte toute la ville, et notamment le MAC, la 15e Biennale a établi ses quartiers aux anciennes Usines Fagor. Un lieu fortement marqué par son histoire industrielle, ouvrière, mais aussi humaine. C’est cette histoire profondément universelle que la 15e Biennale questionne, témoignant de la société de surconsommation, de l’urgence écologique, des destins ouvriers souvent brisés et des liens entre les peuples. Tout un programme qui se lit au fil des oeuvres. Et se décrypte plus facilement que prévu, grâce à un efficace travail de médiation.

Un bien beau programme

Au delà des oeuvres présentées, l’enjeu d’une Biennale réussie est en effet d’être lisible et compréhensible de tous. Car si les initiés n’ont pas de mal à lire entre les lignes, il n’est pas toujours évident de voir là où l’artiste nous emmène. Un mal dont cette Biennale ne souffre pas, faisant le boulot pour que chacun y trouve son compte. Et puisse même créer des liens entre les oeuvres. Afin de se retrouver là où les eaux se mêlent et le mélange fait sens.

Monumentale, à l’image du lieu qui l’accueille, cette Biennale laisse toute la place aux oeuvres pour s’exprimer. Généreuse, elle puise dans l’essence des Halles pour transmettre ses messages. Les profondes fosses du site se transforment de manière troublante. Les machines s’affichent sous de nombreux aspects : parfois brisées, parfois dominatrices. La nature reprend souvent ses droits et le changement est de mise. Comme avec ce pauvre Promethée de pierre qui se fera dévorer par des bactéries durant toute l’exposition, pendant qu’en parallèle des cellules se transformeront petit à petit en alcool. Une revisite steampunk de la mythologie. Et une oeuvre changeante à l’image d’autres durant le parcours : cuisine rongée par le sel, poudre de maquillage reformatée par l’eau…

Promethée, statue en train de se faire dévorer - Biennale 2019

Le temps fera son oeuvre pendant près de trois mois et la nature reprendra un peu de ses droits. Pendant que d’autres pièces frapperont les esprits par ce qu’elles disent de l’humanité. De jolies petites robes dansantes venues parler de migration. Un ruisseau lumineux symbole de l’écoulement de la tristesse. Un avion en morceaux. D’étranges zombies échos aux révoltes d’ici et d’ailleurs. Des tuyaux religieusement habités. Sans oublier un petit nid logé en haut d’un escalier, histoire de prendre un peu de hauteur sur ce foisonnement culturel.

La Biennale vue d'en haut, et d'une oeuvre
Là où les eaux se mêlent - 15e Biennale de Lyon
Jusqu'au 5 janvier 2020
Du mardi au vendredi de 11 à 18 heures,
Du samedi au dimanche de 11 à 19 heures.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.