Brasserie Georges : belles assiettes et train d’enfer

Parce que les voyageurs ont souvent faim, les gares sont généralement entourées de nombreuses adresses gourmandes. L’important, pour garnir ses tables au mieux, est alors d’être bien visible. Du moins le croit-on, jusqu’à en avoir vu le parfait contre exemple. Masquée par tout un tas d’horreurs urbaines, la Brasserie Georges défie toute logique. Et prouve que derrière les cicatrices se cachent parfois de belles histoires.

Carte Brasserie Georges

On ne les compte plus, ces touristes désemparés, d’un côté ou l’autre de la gare de Perrache. Les malheureux lèvent la tête, regardent leur smartphone, puis autour d’eux. A les voir, on devine déjà la question qu’ils vont nous poser. « Excusez-moi, nous cherchons la Brasserie Georges ». On la connait bien, cette requête, vu que l’on y a déjà répondu à de multiples reprises. Toujours de la même manière : « C’est simple vous avancez sous cette voûte obscure et glauque pendant environ 200 mètres et une fois à l’air libre et si personne ne vous a égorgé vous traversez le parking, longez l’autoroute, et ce sera juste là. Oui là, derrière ces magnifiques places de co-voiturage ». Le visage du touriste se fait alors plus grave. Et une forme de terreur apparaît dans ses yeux.

Coupe Georges

Franchement, on les comprend. Et l’on se demande même ce qui peut bien les pousser vers cette fameuse brasserie. La réputation ? La qualité des plats ? Des prix particulièrement attractifs ? On s’en sait rien, on sait juste que c’est connu. Alors on oublie et on va ailleurs. Pendant 8 ans. Jusqu’à ce fameux soir où quelqu’un émet l’idée d’une bonne petite choucroute. Ca tombe bien, c’est la spécialité de la Brasserie Georges, la choucroute. L’établissement a même été fondé – en 1836 – par un Alsacien. Alors on se dit pourquoi pas, et on réserve une table.

Ou plutôt on ne réserve rien du tout car il faut s’y prendre trois semaines à l’avance ou venir assez tôt pour voir si une table est disponible. La méthode intrigue, mais fonctionne. Arrivés à 19 heures on nous place très rapidement dans une zone de la salle manifestement pensée pour tous les hurluberlus qui s’y prennent au dernier moment.

Choucroute Brasserie Georges

A peine installés que l’apéritif nous rejoint déjà. Pour notre part un chouette kir maison que l’on n’aura pas vraiment le temps de finir. C’est que derrière arrivent déjà nos plats à savoir une bonne petite grosse choucroute, un saucisson pistaché et ses pommes de terre écrasées à la fourchette, et de très végétariennes ravioles. Finalement, tout le monde n’avait pas envie du plat national alsacien. Tant mieux, on apprécie l’opportunité de goûter à un peu tout. Chacun pique dans l’assiette de l’autre et s’émerveille bruyamment. Les saveurs sont douces, les cuissons parfaites. On se laisse emporter, on continue de parler fort, et on mange un peu trop vite.

Brasserie Georges Saucisson Pistaché

L’art de la gare

Tous les quart d’heure environ, les lumières s’éteignent alors qu’au loin, quelque part, un orgue joue un air familier. C’est un anniversaire. Toute la salle tape dans ses mains et exprime ses voeux les plus sincères. La lumière revient, on reprend là où on en était. L’assiette est finie, les desserts s’impatientent. Une omelette norvégienne signature de la brasserie pour trois d’entre nous, un chou à la poire pour le marginal de l’étape.

Omelette norvégienne
Salle de la Brasserie Georges

Rassasiés, satisfaits, on prend soin d’admirer la gigantesque salle art déco. Les serveurs se déplacent de table en table sans même que l’on ait conscience de l’incroyable mécanique nécessaire au bon fonctionnement de cette usine gourmande. On se sent bien dans cet endroit. On aimerait ne pas le quitter. Et pourtant il va bien falloir s’en aller. Tout cela n’est-il pas allé un peu trop vite ? Peut-être aurait-on préféré un rythme un peu moins infernal. Pour mieux profiter du temps, des plats et des autres convives. Mais ce n’est pas l’esprit. Ici on est à côté d’une gare alors ça doit rouler, et dérouler. C’est électrique, et sur des rails.

Brasserie Georges
30 Cours de Verdun
69002 Lyon Perrache
Ouvert 7 jours sur 7

2 Comments

  1. Pour les journées du patrimoine j’ai pu réserver un créneau pour visiter l’orient Express en début d’après midi et notre lieu de déjeuner à la Brasserie Georges était une évidence. Ce fut une très belle découverte et j’ai adoré le décor et surtout l’ambiance qui y règne 👍😁

    1. Michel

      Nous avons aussi eu la chance de visiter l’Orient Express lors des Journées du Patrimoine sans pour autant avoir le réflexe de connecter la visite à la Brasserie Georges ! Quelle bonne idée de lier ces deux monuments d’histoire ferroviaire 🙂

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