Quais du Polar : Lyon à l’heure du crime

Quais du Polar, c’est pour nous une très longue histoire. Du genre qui s’inscrit durablement dans le temps et ponctue chaque année de beaux moments. Des instants et souvenirs culturels qu’il serait difficile de lister en intégralité, tant ils ont été nombreux au fil des éditions. Car ce festival touche-à-tout n’a pas son pareil pour nous faire découvrir de nouveaux coups de coeur. Et confirmer les plus anciens.

Quais du Polar

Mon premier souvenir de Quais du Polar remonte à loin. A une époque où le festival littéraire prenait encore les quais de Saône pour décor. Et où je me trouvais piteusement du mauvais côté de la rive. Condamnée à laisser une rivière couler entre le travail et l’envie de croiser Tonino Benacquista qui à deux pas, partageait sa passion et son talent. Autant dire que la frustration a été grande. Au point d’hisser par la suite le festival en temps fort de l’année. Et tant pis si la rencontre ratée n’a toujours pas eu lieu.

A défaut de Tonino, nous avons en effet vu passer du beau monde ! A commencer par l’inimitable et inoubliable James Ellroy, venu donner de la voix pour habiter son oeuvre. Un moment de pure magie dans la grande salle de l’Opéra pour une lecture qui a fait s’hérisser quelques poils. Il faut dire qu’à Quais du Polar, les livres vivent, et ils s’animent par la voix de leurs auteurs. On se rappellera donc longtemps du tempo de David Peace, martelant ses mots pour mieux nous embarquer dans la Chapelle de la Trinité. Ou du dépaysement immédiat offert par un Craig Johnson qui ne s’est pas contenté pas d’une seule lecture. Joueur, l’auteur avait prêté son texte pour une joute de traduction. L’occasion de découvrir en détail, direct et subtilité le travail de ceux qui dans l’ombre transforment les écrits en ouvrages en français.

Les mobiles passés au crible

Occasion idéale de toucher deux mots à un auteur dont on adore le travail, d’obtenir une petite attention inscrite sur un ouvrage chéri depuis des années, ou de voir une histoire prendre soudain vie, Quais du Polar c’est aussi une réflexion très fournie. Sur les thématiques du genre, les techniques d’écriture, l’actualité ou la vie d’une histoire, amenée parfois à sortir de son cadre d’origine. Au fil des conférences, les points de vue se confrontent et le propos s’enrichit. Avec un John Grisham qui nous livre son pronostic lucide et presque désabusé sur l’avenir de l’Amérique. Un Michael Connelly qui se confronte à l’adaptation de son héros en série télé. Ou même un George Pelecanos qui nous livre en exclusivité les grandes lignes de la prochaine série qu’il a depuis signée avec son comparse David Simon.

Quais du Polar Conférence

Avec des thématiques aussi multiples que les auteurs convoqués pour en parler, Quais du Polar ouvre ainsi, grâce à ses conférences, de nombreuses pistes à explorer. Il y a bien sûr les coups de coeur pour lesquels on se déplace. Et ceux que l’on découvre une fois attiré par ces têtes d’affiches. Au final, on ressort d’une journée de conférences avec une liste de livres à lire longue comme le bras. Et c’est loin d’être fini…

Polar en tous genres

Grande enquête, visites découvertes, Murder Party, discussions autour d’une oeuvre ou dictée noire : difficile de ne pas trouver son compte dans une programmation qui touche à tout. Et s’étend à de nombreux arts, offrant de merveilleuses séances de rattrapage. A l’image de celle des Fils de l’homme d’Alfonso Cuarón présentée par P.D. James. Mais aussi, pour ma culture parfois un peu défaillante, de celle du Memento de Christopher Nolan. Ou d’Usual Suspects de Bryan Singer. Des séances marquantes qui deviennent parfois véritables expériences. Au Marché Gare, nous avons ainsi pu découvrir un Ghost Dog : La Voie du Samourai pas comme les autres, avec une bande son entièrement remixée.

Des souvenirs nombreux qui nous l’espérons trouveront cette année encore de nombreux camarades pour les rejoindre. Pour sa quatorzième édition, du 6 au 8 avril, Quais du Polar mettra à l’honneur l’Italie, avec plus de 15 auteurs invités (et une joute de traduction). Mais aussi des thématiques variées : Première Guerre mondiale, Mai 68, Essor du roman post-apocalyptique, art, écologie… Et de jolies têtes d’affiche comme Harlan Coben, Camilla Läckberg et Deon Meyer. Le tout en grande partie gratuit.

Un riche programme que nous sommes encore loin d’avoir fini d’étudier. Mais bonne nouvelle – pour vous comme pour nous – il reste encore une quinzaine de jours pour s’en occuper !

Quais du Polar
Du 6 au 8 avril 2018
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